CINQ CONDITIONS de succès pour un collectif de travail en ligne
Lorsqu'un collectif de travail (on peut appeler ça "groupe de travail" ou "équipe projet", bien que ces termes désignent des réalités différentes) se lance dans une expérience de travail collaboratif en ligne, je lui recommande de veiller à réunir, autant que faire se peut, les 5 conditions de succès suivantes :
- Le groupe (collectif de travail)... On augmente les chances de réussite lorsque le groupe préexiste à l'expérience. Autrement dit, lorsque le groupe sait déjà travailler en F2F (face-to-face) et qu'il a déjà produit dans des conditions traditionnelles, il est plus facile pour lui d'adopter de nouvelles modalités de travail en ligne en S2S (screen-to-screen). Bien entendu, si le groupe sait déjà travailler en F2F c'est qu'il existe déjà un "fond commun d'évidence" et une "certaine confiance professionnelle" au sein même de la structure. Cette "certaine confiance" est absolument indispensable au succès de la collaboration en ligne. Je dis bien une "certaine confiance"... car l'expérience montre que le "très haut niveau de confiance", systématiquement évoqué par tous les experts, n'est quand même pas indispensable pour produire quelque chose de correct. Sinon, on pourrait compter les réussites sur les doigts d'une seule main !
- L'objectif (finalité et résultats escomptés)... On augmente les chances de réussite lorsque le collectif de travail est capable d'énoncer un objectif clair et partagé par la (grosse) majorité des membres (et pas simplement par une minorité de dominants). Je ne dis pas "Il faut qu'il existe un objectif...". Je dis que le collectif doit savoir, par lui-même, formuler la finalité qui va légitimer son existence et qui va déterminer son processus de travail collaboratif. Donc sa stratégie et sa logique d'action. La représentation mentale du processus doit exister dans chaque tête... Et chacun doit savoir ce qu'on attend de lui et ce qu'il peut attendre des autres. Une méthode de modélisation efficace est vraiment indispensable à ce niveau.
- Les individus (membres du collectif de travail)... La qualité seule des individus ne permet pas de garantir le succès. Mais la médiocrité de leurs compétences collaboratives est suffisante pour conduire à l'échec. Conformément au 1er principe (préexistance du groupe avant l'expérience de travail collaboratif en ligne), les membres du collectifs de travail doivent être capables d'une certaine "Collaborative Attitude" dans l'action et la réflexion collective. Lorsque ces comportements existent en F2F, cela ne garantit pas qu'ils puissent être transposés en S2S, mais le "terrain" psychologique et culturel reste quand même favorable. Cette "Collaborative Attitude" est intimement associée à la fameuse confiance signalée précédemment ; cette confiance doit porter tout à la fois sur le collectif de travail (les autres membres du groupe), mais aussi sur la pertinence du processus de travail, sur l'intelligence de la structure de travail et aussi sur... la technologie utilisée. Il faut rappeler qu'on augmente les chances de réussite lorsque les membres du collectif de travail maîtrisent les outils de travail collaboratif (schèmes d'usage et schèmes d'action instrumentée) qui sont à leur disposition.
- Le dispositif (de travail collaboratif)... On augmente les chances de succès lorsque la plate-forme de travail collaboratif permet un agencement adapté aux pratiques collaboratives des différentes situations de travail et de communication. La souplesse de (re)configuration de l'espace de travail numérique est, non pas décisive, mais hautement critique. Des outils trop rudimentaires ne permettent pas de supporter efficacement la variété des situations de travail et de communication. Inversement, des outils trop sophistiqués compliquent inutilement les schèmes d'action instrumentée mis en oeuvre par le collectif de travail. L'espace de travail collaboratif doit réduire ou faciliter les tâches "domestiques" : mises à jour quotidiennes et nettoyage du plateau virtuel, lisibilité et simplicité des accès et déplacements sur le plateau, identification rapide des conventions d'usage des différents outils... Tous les logiciels de travail collaboratif du marché n'ont pas eu la chance d'avoir des concepteurs de génie !
- L'animateur/trice (facilitateur)... C'est un acteur clé de la réussite. Evidemment. Un bon animateur/animatrice dans le "monde réel" n'est pas automatiquement un bon animateur/animatrice dans le "monde virtuel". C'est comme ça : les talents requis ne sont pas strictement identiques dans les interactions F2F et S2S. Le rôle d'animateur comme celui de facilitateur (il ne s'agit pas exactement de la même chose) dans un processus de travail collaboratif en ligne exige des compétences mixtes : aptitudes en interactions traditionnelles F2F (communications verbales, gestuelles) et postures managériales "classiques" d'une part, aptitudes en interactions numériques S2S (communications écrites, codes du travail en réseau numérique) et "Collaborative Attitude" d'autre part. Dans tous les cas, on augmentent les chances de réussite lorsque l'animateur/trice est une personne reconnue par les autres membres du collectif de travail.
J'adhère totalement à cette vision, rien à redire ... si ce n'est merci de l'avoir écrit et de le partager :)
Rédigé par: ocarbone | 20/05/2008 at 14:52